Biser est le médiateur social du Quartier Nord, une zone située entre le canal, l'avenue de la Reine et la chaussée d'Anvers. À travers son témoignage et son expérience, découvrons l'engagement quotidien d'un médiateur de quartier au plus proche des citoyennes et citoyens.
« Tu n’as pas de thé ? » la petite Mélissa, 6 ans, a déjà ses petites habitudes dans son quartier. Accompagnée de sa maman et de ses copines, elle aime se rendre au kiosque installé devant le Centre Utopie, dans le parc de la Senne, pour savourer un thé réconfortant.
Biser, le serveur de café 2.0, est celui qui assure un service de qualité pour tous les habitants. En tant que médiateur social, il a un but bien précis : multiplier les initiatives pour créer du dialogue et du lien social autour de lui. Et quoi de mieux qu’un bon café pour rassembler les gens ?
« Dans le quartier, il y a beaucoup de nouveaux arrivants, et si on les approche en leur disant que l’on travaille avec la ville, ils prennent peur. C’est donc à nous de faire la démarche pour aller vers eux et créer un contact. »

KIOSK, le point de départ de belles rencontres
Tous les mardis, à 15h45, Biser commence la préparation de son stand mobile. Tel un magicien, il déplie chaises, tables et kiosque en un éclair. Cette structure mobile se promène régulièrement dans le Quartier Nord : devant le Centre Utopie, sur le marché de la chaussée d’Anvers, ou bien sur la Dalle, les habitués savent toujours où le trouver.
Le café est servi bien chaud avec des petits biscuits – aujourd'hui, c’est spéculoos. Les passants s’arrêtent, s’installent aux alentours du kiosque, et discutent. D’autres saluent Biser de loin.
Grâce à ce dispositif, le quartier trouve un autre lieu de convivialité et de partage, où un simple thé peut devenir le point de départ d’une belle rencontre. Pour le médiateur social, le constat est clair : il est nécessaire de se reconnecter les uns avec les autres. Depuis la crise du COVID en 2020, il remarque un réel manque de liens sociaux entre les habitants du quartier : « Notre centre Utopie a ouvert en 2019, puis il a dû fermer quand le Covid est arrivé. Le bâtiment n'était pas encore connu, nous avons dû attirer le public avec nos projets pour créer une nouvelle dynamique de quartier. »

Car c’est justement cela, son rôle de médiateur social : un engagement pour son quartier et ses habitants. Peu importent les projets, les activités ou les besoins, Biser encourage, à sa manière, les citoyens et citoyennes à participer à la vie du quartier.
Et pour ce faire, il a plus d’une corde à son arc – ou plutôt, plus d’une langue. Français, néerlandais, anglais, russe, turc, bulgare, romani : pour Biser, la barrière de la langue n’existe pas.
« Je peux facilement être accessible, car je parle plusieurs langues. Comme il y a des communautés très mixtes, j’utilise les sept langues quasiment tous les jours ! »
À l’écouter, c’est impressionnant.
« Kahve ister misiniz ? » lorsqu’il propose un café en turc, ou « Sastipe, sar san ? » quand il salue un habitant en romani. Il jongle avec les langues au quotidien, ce qui fait sa force en tant que médiateur social. Grâce à un dialogue et une communication multilingue, il s’adresse à toutes et tous, et le kiosque se transforme en vrai café inclusif.
17h30, c’est la fin du café-kiosque. Biser remballe tout, et la place se vide.
Toutes les informations sur les médiateurs sociaux sont disponibles ici.