Une Charte pour la vie nocturne bruxelloise

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Le service Tranquillité publique de la Ville de Bruxelles a concrétisé un projet porteur à destination des lieux festifs : la Charte de la vie nocturne.  Retour sur le lancement, dans le quartier Saint-Jacques, du fruit d’une belle collaboration de l’ensemble des acteurs concernés, qui mise sur une prévention rassembleuse.

 

 

 

 

 

La rue du Marché au charbon s'éveille après un week-end de fête. C'est devant le Belgica, bar historique du quartier, que la Charte de la vie nocturne se découvre le 20 mai 2019.

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« Bruxelles est festive, rappelle le Bourgmestre. Il s'agit de trouver un juste équilibre entre habitants, commerces et sécurité. C'est le but de cette Charte, outil de prévention et de médiation mis au point par le service de Tranquillité publique, à la demande des acteurs et avec eux. » Ces acteurs de la nuit, ce sont les exploitants d'établissements ouverts en soirée invités à adhérer volontairement, les riverains, la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles ainsi que la Région bruxelloise.

Cadre clair

La Charte de la vie nocturne de Bruxelles (dont le texte est disponible ici) voit loin dans la nuit : gestion du bruit, de l’alcool et des drogues (sous contrôle), respect de l'espace public et de la propreté mais aussi la prévention IST, le respect sexuel et la non-discrimination, tout est rassemblé en 14 articles visant l’amélioration de la qualité de la vie la nuit.

Les établissements qui adhèrent à la Charte trouvent là un cadre clair sur ce qui permis et encouragé ou non, des conseils pour mettre en œuvre des bonnes pratiques, les contacts utiles et l'accès à une plateforme pour communiquer et trouver ensemble des solutions pour répondre aux troubles qu’ils constatent au quotidien. 

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Première chouette

Le premier autocollant se pose sur la vitrine du Belgica. Le manager du bar, Julien Vandensmissen s’en réjouit : « Nous sommes installés ici depuis 33 ans, nous communiquons déjà pas mal avec les voisins. L'avantage de la Charte est d’avoir un échange direct avec la Ville et la police. On peut réagir plus vite dans les situations problématiques, comme l’usage de drogue, en ayant des réactions appropriées au lieu de juste déplacer le problème d'un bar à l'autre. L’idée est de trouver des solutions à plus long terme. »

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Un pas énorme

« La nouveauté, c'est aussi de disposer d'un document de référence, où toutes les règles sont rassemblées. Le signer donne en outre accès à une boîte à outils, des ressources pour faciliter le respect des engagements », précise Frédéric da Soghe, Ambassadeur de la nuit pour la fédération Horeca Bruxelles et l’un des initiateurs du projet.
 

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« En tant qu’établissement, on peut faire entendre sa voix via le comité de suivi de la Charte, au lieu de n’avoir que l’option ‘sanction’ », poursuit Frédéric da Soghe. « La Ville fait un pas énorme en réfléchissant sur la nuit. Du côté des riverains, le comité de quartier a travaillé avec nous et a validé le document. Cela rend le dialogue plus facile. »

Jouer le jeu

Kathleen Vangerven a fait partie du comité de quartier Saint-Jacques. Elle est propriétaire depuis 20 ans dans ce quartier qu'elle adore. Son point de vue ? « J'aime sortir tard à l'occasion. Mais quand on est habitant, on a un regard différent sur les commerces de nuit. Le mariage des deux mondes reste fragile. Pourtant cette mixité est selon moi un gage de sécurité. La Charte aidera si tout le monde veut bien jouer le jeu. »

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Interface souple et rapide

Aider à jouer le jeu ]en reliant les personnes et les thématiques sur base des demandes du terrain, c'est la raison d’être du service Tranquillité publique de Bravvo. Maude Glorieux, responsable du service : « Notre rôle est d’offrir une interface souple et rapide entre le public et la Ville de Bruxelles, en partageant les informations avec un regard transversal. Les problématiques typiques à la nuit, par exemple, ne relèvent pas que du partage de l’espace public, de la propreté, ou encore seulement de l'approche policière. Le service Tranquillité publique apporte une réponse sur mesure aux réalités relayées par les établissements et sur la base des éléments recueillis auprès des différentes instances de la Ville et de ses partenaires. »

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Éviter la répression

La responsable insiste sur le caractère préventif de la nouvelle Charte de la vie nocturne. « La signer n’est pas obligatoire, mais c’est intéressant pour les établissements. Cela leur permet de régler les problèmes avant qu’ils ne surviennent et donc privilégier les mesures de prévention et éviter la répression. La Charte ne va pas au-delà des lois existantes, relatives aux terrasses ou à la diffusion de musique amplifiée par exemple, et n’est pas assortie de sanctions, mais simplifie et accélère la mise en ordre. C’est une façon de s’engager pour garder un quartier diversifié et agréable. »

Quartier animé et fédéré

Lancer la Charte dans le quartier Saint-Jacques, particulièrement animé la nuit et dont les acteurs de la nuit sont déjà fédérés, était évident, comme l’explique Daphné Phan Lê, Manager adjointe Tranquillité publique : « Ici, une trentaine d’établissements sont concentrés dans une configuration de rues très exiguës. Ces commerçants sont déjà bien organisés et nous sommes partis des troubles identifiées par ces derniers via le Syndigay, l’association horeca anglée LGBT, basée rue du Marché au Charbon. Ceci au bénéfice des clients, qui en repérant le logo, sauront qu’ils se trouvent dans un établissement engagé et sûr, voire un refuge en cas de débordements ou d'agression. »

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F.G. (texte) et CyP (photo)