Semaine de la médiation: Patricia nous dit tout sur la médiation locale

Patricia

A l’occasion de la Semaine internationale de la médiation 2020, Patricia Verschaffel, l’une des quatre médiatrices locales de Bravvo, nous explique en quoi consiste son métier. Pour Patricia, la clé permettant d'éviter les conflits avec ses voisins et ses proches est de communiquer sans tarder.

 

 

 

 

 

Patricia: La médiation locale est une manière de résoudre un conflit entre des personnes amenées à se revoir sans passer par le tribunal. Il s’agit essentiellement de conflits familiaux, conjugaux, de voisinage ou locatifs. On parle donc de nuisances sonores, de situations de harcèlement, de parents séparés en quête d’un mode de garde alterné pour les enfants, ou encore d'une famille qui ne parvient plus à se parler. En ce qui concerne les conflits locatifs, il peut s’agir par exemple d’un locataire qui ne parvient pas à récupérer sa garantie locative.

Pourquoi choisir la médiation plutôt que le tribunal?

Une procédure en justice peut être longue et coûteuse. Mais surtout, on n’a plus les choses en mains: le juge tranche pour vous. Rien ne garantit que d’autres problèmes du même type ne vont pas surgir. En médiation, les personnes s’engagent à chercher activement (une solution) un accord qui se veut sur mesure, mutuellement satisfaisant et durable.

Comment démarre une médiation?

La personne peut venir par le bouche-à-oreille, la police, les institutions. Lors du premier entretien, elle donne sa version des faits. Le médiateur propose de contacter l’autre personne et accueillir sa version des faits. L’idée est de réunir les deux personnes autour de la même table, c’est le défi du médiateur. Si les deux personnes sont prêtes à se rencontrer, cela signifie qu’elles sont prêtes à dialoguer, s’écouter et construire une solution ensemble. Dans un premier temps, la médiation privilégier la communication et permet à chacun d’exprimer son ressenti en toute sécurité. Dans la médiation, on va tenter d'identifier les besoins de chacun, en évitant le débat du “qui a tort et qui a raison” car s’accuser l’un l’autre ne mène à rien.  On se concentre sur ce qui est le plus important pour chacun, ce qui permet d'envisager différentes pistes de solutions.

Quels sont vos principes de travail?

Notre rôle en tant que médiateur, c'est de créer les conditions qui vont favoriser les échanges de qualité: s’écouter jusqu’au bout, parler en mode du “je” (comment je vis la situation et j’ai besoin de...), pour que les deux personnes comprennent mieux la situation, ce qui va permettre de trouver des solutions. Pour cela, nous pouvons nous appuyer sur trois grands principes de la médiation: le caractère volontaire de la démarche (les personnes n’y sont pas contraintes), ce qui signifie qu’elles peuvent interrompre à tout moment; le caractère confidentiel (tout ce qui est échangé en médiation reste ici et ne peut être utilisé contre la personne même si aucun accord ne pouvait être trouvé); la neutralité et impartialité du médiateur.

Comment rendre une solution durable?

Nous travaillons particulièrement la relation, le lien, la communication entre les personnes. Pourquoi ? Parce que leur relation va le plus souvent se poursuivre au-delà de la situation en question. Des parents qui se séparent ne cessent pas d’être parents – ils vont devoir apprendre à prendre des décisions ensemble à propos des enfants. Pareil entre voisins: à moins de déménager, ils demeurent voisins. L'idée n’est pas que ces derniers deviennent les meilleurs amis du monde, mais qu’ils aient les moyens de se parler à temps, de communiquer lorsqu’un problème surgit. Un simple SMS adressé au bon moment peut empêcher une situation d'escalader.

Il ne faut pas trop attendre pour communiquer?

Trop souvent, les gens arrivent en médiation fort tard, enlisés dans un conflit qui dure depuis longtemps. Lorsqu’un problème dure depuis deux ans, il devient difficile de sortir de son point de vue personnel. On prête à l’autre des intentions malveillantes alors qu’il peut s’agir de malentendus. Je conseille d'agir plus rapidement, tant pour toquer à la porte du voisin que pour s’adresser à la médiation. Récemment, une personne est venue se plaindre d'un voisin qui répétait de la musique toute la journée. Ces deux personnes ne se croisaient jamais. La médiation leur a immédiatement permis de trouver une solution car le musicien croyait bien faire en jouant en journée, alors que le “plaignant” était en télétravail.

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