Rencontre avec Marie, médiatrice scolaire

Marie

A l’occasion de la Semaine de la médiation, nous franchissons aujourd’hui les portes de l’Institut De Mot Couvreur, dans le centre-ville, pour y rencontrer Marie, médiatrice scolaire Bravvo. Mais au fond, en quoi consiste son métier ?

 

 

 

 

 

 

Marie: Mon rôle consiste à lutter contre le décrochage scolaire et les violences au sein de l’école, en travaillant les relations interpersonnelles. En pratique, j’accueille chaque jour des élèves qui rencontrent des difficultés relationnelles, avec d'autres élèves ou même avec des professeurs. Je prends le temps de les écouter exprimer leur ressenti et leur vision de la situation pour tenter, ensuite, de les aider à trouver une solution qui soit mutuellement acceptable.  

Vous intervenez un peu comme un arbitre?

Ah non, surtout pas! Le médiateur n’est pas là pour savoir qui a raison ou tort, mais pour écouter le ressenti de chacun et amener du respect. Il n’est d’ailleurs pas garant du résultat, mais bien du cadre – un cadre neutre qui facilite les échanges et la recherche de solutions à l’amiable. Le cadre est d'une importance primordiale en médiation. Il respecte la confidentialité (ce qui se dit dans le bureau reste dans le bureau), le caractère volontaire de la démarche (personne n’est contraint de participer ou de parler), et l’impartialité (le médiateur est neutre).

En quoi peut-on vous faire confiance?

En premier lieu parce que je suis externe à l’école. Même si mon bureau se situe au sein de l’établissement, et que celui-ci est un partenaire, je n’ai pas de comptes à rendre à la direction. Cela rassure autant les élèves que les professeurs. Il s’agit d’un temps et d’un espace en dehors du quotidien de la classe. Cette bouffée d’oxygène donne des résultats étonnants! Souvent, le processus démarre ici mais se poursuit ailleurs – la communication est relancée. Bien sûr, l’idéal est de ne pas attendre que la situation explose pour venir me solliciter.

Marie-3.jpg

Etes-vous confrontée à de nouvelles situations du fait des réseaux sociaux?

Comme les élèves sont hyper connectés, la thématique des réseaux sociaux revient très régulièrement dans les médiations. Il peut s’agir de groupes de discussion qui n’incluent pas toute la classe, de diffusion de photos d’une personne, de remarques à l’encontre d’une autre,… On frise parfois le harcèlement.

Pouvez-vous nous raconter une médiation récente qui vous a particulièrement réjoui?

Je pense à une élève, diagnostiquée “haut potentiel”, mais qui ne s’en sortait pas bien dans sa scolarité. On s’est aperçus que la pression dont elle souffrait ne provenait pas de l’école, mais de sa maman. Celle-ci a accepté de participer à la médiation qui s'est révélée riche en émotions. Pour la première fois, chacune a fait part de son ressenti avec des mots - la fille qui a pu exprimer à sa maman qu'elle n'était pas aussi intelligente qu'elle le croyait à travers le diagnostic et la mère qui désirait pour sa fille une autre vie que la sienne. Les intentions étaient louables mais n'avaient jamais été nommées et étaient sources d’une tension permanente à la maison, avec des conséquences à l’école. La médiation a permis de mettre des mots sur tout ce vécu et d’initier de vraies discussions et une meilleure compréhension de chacune.

A côté de toutes ces situations individuelles, êtes-vous amenée à intervenir à un niveau plus collectif?

Oui, par exemple lorsque élèves ou professeurs viennent me solliciter car l’ambiance en classe est négative ou qu’il y a des clans ou peu de motivation. Nous menons alors ce que nous appelons une médiation « groupe-classe » et je peux m’appuyer sur une collègue médiatrice de Bravvo spécialisée dans le collectif. Par ailleurs, une autre grande partie de mon travail concerne la mise en place de projets de lutte contre le décrochage scolaire. Concrètement, je fais en sorte que les élèves de 4me professionnelle découvrent le métier de puéricultrice, qui les attend si elles restent dans cet établissement. On s’est rendu compte en effet que certaines élèves poursuivent leur scolarité sans véritablement prendre conscience de jouer une partie de leur vie – le choix de leur métier et donc leur vie professionnelle à ce moment-là.

Marie-2.jpg

 

Plus d'infos